Comment bien assurer son gîte pour faire de la location saisonnière ?
Exploiter un gîte en location saisonnière représente une formidable opportunité : accueillir des voyageurs du monde entier, partager un lieu qui vous tient à cœur et générer un revenu complémentaire ou principal.
Mais cette activité implique aussi une réalité souvent sous-estimée : un gîte doit être assuré comme un hébergement touristique, et non comme une résidence classique. Les risques y sont plus variés, la responsabilité du propriétaire est plus large, et les contrats d’assurance standard ne couvrent pas cet usage de façon systématique.
Ce dossier, réalisé par notre association LVP-DIRECT, a pour vocation d’aider chaque propriétaire à identifier les assurances réellement nécessaires, à éviter les pièges les plus courants et à choisir une protection adaptée pour exploiter son gîte en toute sérénité.
Sommaire
- 1. Pourquoi l’assurance d’un gîte n’a rien à voir avec une assurance habitation classique
- 2. Les assurances indispensables pour un gîte en location saisonnière
- 3. Les assurances complémentaires utiles
- 4. Comment choisir la bonne assurance ?
- 5. Exemple de couverture idéale pour un gîte
- 6. Les grandes compagnies d’assurances proposant des offres adaptées :
- 7. Tableau récapitulatif des assurances essentielles et coûts des assurances
- 8. Outils pratiques pour les membres LVP-DIRECT
- Conclusion
1. Pourquoi l’assurance d’un gîte n’a rien à voir avec une assurance habitation classique

Dans un gîte ou une location touristique, les risques sont multipliés :
- sinistres matériels,
- accidents corporels,
- dommages causés par les locataires,
- responsabilité du propriétaire engagée,
- pertes de revenus en cas de fermeture.
En clair, les assurances habitation classiques ne suffisent pas pour des meublés de tourisme (gîtes ou locations saisonnières).
1.1. Pourquoi l’assurance multirisque habitation (MRH) n’est-elle pas suffisante ?

La plupart des propriétaires disposent déjà d’une assurance multirisque habitation (MRH) couvrant leur résidence principale ou secondaire.
Cependant, lorsqu’un logement est exploité en gîte / location saisonnière, cette MRH classique devient rapidement inadaptée, car elle :
- ne couvre pas l’usage en location touristique,
- n’inclut pas la responsabilité civile du propriétaire envers ses locataires,
- ne protège pas les périodes d’inoccupation propres aux meublés touristiques,
- n’est pas conçue pour les risques liés à l’accueil du public,
- peut refuser l’indemnisation en cas de sinistre survenu pendant une location.
Autrement dit : une MRH n’est jamais suffisante pour une activité de gîte !

👉 La clause “Abandon de recours”
Cette clause signifie que l’assureur renonce à exercer un recours contre le locataire responsable d’un sinistre.
Elle protège le locataire contre un recours de l’assureur, mais elle :
- ne couvre pas la responsabilité du locataire,
- ne couvre pas les dommages causés à l’hébergement,
- ne transforme pas la MRH en assurance location saisonnière.
C’est une clause utile mais très limitée, loin d’être suffisante pour un gîte.
👉 La clause “Pour le compte de qui il appartiendra”
Cette clause permet à une assurance d’indemniser un bénéficiaire sans avoir à le nommer (par exemple les locataires successifs).
Dans les contrats réellement adaptés à la location saisonnière, cette clause peut être très intéressante car elle couvre automatiquement tous les locataires.
Mais dans une MRH classique :
- elle est rarement appliquée correctement pour un usage touristique,
- elle n’inclut pas les garanties spécifiques à l’accueil du public,
- elle ne remplace pas une PNO (voir plus bas) ou une assurance professionnelle.
1.2. En Conclusion sur l’assurance multirisque habitation (MRH)
Une MRH, même enrichie de ces deux clauses, n’assure pas un gîte correctement. Il est indispensable de la remplacer ou de la compléter par une assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) et des garanties spécifiques que nous allons détailler dans les sections suivantes.
2. Les assurances indispensables pour un gîte en location saisonnière
Dans un premier temps, nous allons voir les assurances fortement recommandées pour assurer correctement un logement proposé en location de meublés de tourisme (gîte ou location saisonnière).
2.1. Assurance Propriétaire Non Occupant (PNO) : La base

La PNO est l’assurance réellement adaptée à la location saisonnière car elle couvre le logement même lorsqu’il est inoccupé, ce qui correspond parfaitement à la location saisonnière.
Elle protège contre les sinistres majeurs (incendie, dégâts des eaux, tempête, vandalisme, bris de glace) et inclut la responsabilité civile du propriétaire.
2.2. Responsabilité Civile du propriétaire

Elle couvre les dommages causés aux locataires ou à des tiers du fait du logement ou de ses équipements.
Exemples :
- chute dans un escalier,
- volet mal fixé,
- accident autour d’un équipement,
- incendie causé par un appareil.
2.3. Assurance villégiature (locataires)

✔ Une garantie pas aussi automatique qu’on le pense
La garantie villégiature existe dans de nombreux contrats habitation, mais elle n’est active que si le locataire prévient son assureur avant le séjour. Dans les faits, très peu de locataires le font réellement, ce qui la rend souvent non effective.
✔ Les locataires étrangers sont rarement couverts
En effet les locataires étrangers que vous pourriez accueillir n’ont généralement :
- ni assurance villégiature,
- ni garantie équivalente,
- et leur assurance voyage ne couvre pas les dommages causés au logement.
➜ Deux solutions pour le propriétaire :
- Demander systématiquement une attestation d’assurance villégiature si vous ne recevez que des locataires français.
- Souscrire une assurance “pour le compte de qui il appartiendra”, c’est la solution idéale.
2.4. Perte d’exploitation / perte de loyers

Un sinistre en pleine saison peut entraîner l’annulation de plusieurs semaines de location. La garantie “perte d’exploitation” indemnise les revenus perdus durant la période où le gîte est inutilisable.
2.5. Piscine, spa, vélos, jeux… : les équipements à risques

Ces équipements augmentent la valeur du gîte, mais aussi la responsabilité du propriétaire.
Exemples d’équipements sensibles :
- piscine (sécurité obligatoire),
- spa / jacuzzi / sauna,
- vélos, kayaks, paddle,
- aire de jeux enfants.
👉 Si votre contrat ne couvre pas certains équipements, que demander ?
- Extension de garantie équipements de loisirs
- RC spécifique pour équipements
- Garantie dommages / vol
- Garantie conformité / sécurité
- Option couvrant l’usage par des locataires
3. Les assurances complémentaires utiles

✔ Dégradations et vol
Certaines assurances couvrent les dégradations accidentelles, mais pas le vol ou le vandalisme. Il faut donc vérifier cela en fonction de votre contrat d’assurance ➜ Posez la question à votre assureur.
✔ Mobilier / contenu
C’est un point de vigilance important si le gîte est équipé avec du mobilier et des équipements coûteux.
✔ Assurance annulation (du voyageur)
C’est une assurance qui couvre le voyageur, pas le propriétaire, mais elle peut être sécurisante pour les deux parties.
Qu’elle soit proposée seule ou qu’elle soit incluse dans un package “Assurance voyage”, elle est pensée à l’origine pour donner une certaine flexibilité au vacancier lorsqu’il réserve un séjour longtemps à l’avance. Dans l’objectif de cette sécurisation apportée à vos locataires, nous avons rédigé un dossier spécifique sur cette assurance complémentaire :
👉 Faut-il proposer une assurance annulation pour une location de vacances ?
4. Comment choisir la bonne assurance ?

Pour vous aider à bien sélectionner votre assureur pour votre location saisonnière, voici quelques questions essentielles à lui poser lors de votre sélection ou la renégociation de votre contrat actuel :
- L’usage location saisonnière est-il explicitement indiqué ?
- La perte d’exploitation est-elle incluse ?
- Vos équipements principaux sont-ils couverts (piscine, spa, vélos…) ?
- Votre mobilier est-il assuré à sa valeur actuelle ?
- Quelles sont les exclusions du contrat ?
- Les locataires, y compris les étrangers, sont-ils couverts automatiquement (assurance villégiature) ?
5. Exemple de couverture idéale pour un gîte

✔ Assurance multirisques habitation avec une option “pour le compte de qui il appartiendra”
✔ Assurance Propriétaire Non Occupant (PNO) compatible “location saisonnière”
✔ Assurance RC du propriétaire
✔ Vérifier que l’assurance villégiature de vos locataires est bien incluse dans votre option “pour le compte de qui il appartiendra”
✔ Si nécessaire : Prévoyez une assurance pour perte d’exploitation
✔ Vérifiez la couverture de vos équipements sensibles
✔ Vérifiez la valeur de couverture de votre mobilier
6. Les grandes compagnies d’assurances proposant des offres adaptées :

En qualité d’association de propriétaires, notre rôle n’est pas de vous recommander telle ou telle compagnie d’assurance. Cependant, afin de vous aider à faire jouer la concurence, voici une liste non exhaustive d’assureurs que vous pouvez contacter. Ils proposent ces types d’assurances spécifiques à la location saisonnière :
Assureurs généralistes :
MAIF – MAAF – MACIF – Groupama – AXA – Allianz
Mutuelle bailleurs :
MACSF
Spécialisés tourisme :
Gritchen Assurances – Recrea Assurances
7. Tableau récapitulatif des assurances essentielles et coûts des assurances

Afin de vous apporter une certaine visibilité, voici une synthèse des différentes assurances à prévoir selon la taille du logement. Les tarifs indiqués sont des fourchettes réalistes, mais les prix peuvent varier fortement selon : la surface du gîte, la région, le niveau d’équipement, et le profil du propriétaire. Sans oublier votre capacité à négocier et faire jouer la concurrence régulièrement car les primes d’assurances ont tendance à augmenter fortement lors de leur reconduction annuelle.
7.1. Petit gîte (40–60 m² – 2 à 4 personnes)
👉 Budget total estimé pour un petit gîte : 250–480 € / an
| Assurance | Rôle | Indispensable ? | Tarif annuel indicatif |
| PNO | Sinistres majeurs + RC | ✅ OUI | 120-250 € |
| RC propriétaire | Accidents des locataires / tiers | ✅ OUI | Inclus dans la PNO |
| Assurance villégiature (locataires) | Couverture locataires | ✅ OUI | 0 € / 50-100 € |
| "Pour le compte de qui il appartiendra" | Couvre tous les locataires, même s'ils n'ont pas d'assurance villégiature | ✅ Recommandée | 30-60 € |
| Perte d'exploitation | Perte de revenus suite à un sinistre | ⚠️ Selon besoins | 60-120 € |
| Extension équipements | Piscine, spa, vélos... | ⚠️ Selon besoins | 20-40 € |
| Mobilier / contenu | Meubles & matériel | ✅ Recommandée | 20-60 € |
7.2. Gîte moyen (60–120 m² – 4 à 8 personnes)
👉 Budget total estimé pour un gîte moyen : 350–700 € / an
| Assurance | Rôle | Indispensable ? | Tarif annuel indicatif |
| PNO | Sinistres majeurs + RC | ✅ OUI | 150-350 € |
| RC propriétaire | Accidents des locataires / tiers | ✅ OUI | Inclus dans la PNO |
| Assurance villégiature (locataires) | Couverture locataires | ✅ OUI | 0 € / 50-120 € |
| "Pour le compte de qui il appartiendra" | Couvre tous les locataires, même s'ils n'ont pas d'assurance villégiature | ✅ Recommandée | 30-80 € |
| Perte d'exploitation | Perte de revenus suite à un sinistre | ⚠️ Selon besoins | 80-180 € |
| Extension équipements | Piscine, spa, vélos... | ⚠️ Selon besoins | 40-150 € |
| Mobilier / contenu | Meubles & matériel | ✅ Recommandée | 30-100 € |
7.3. Grand gîte (120–250 m² – 8 à 15+ personnes)
👉 Budget total estimé pour un grand gîte : 600–1 200 € / an
| Assurance | Rôle | Indispensable ? | Tarif annuel indicatif |
| PNO | Sinistres majeurs + RC | ✅ OUI | 250-500 € |
| RC propriétaire | Accidents des locataires / tiers | ✅ OUI | Inclus dans la PNO |
| Assurance villégiature (locataires) | Couverture locataires | ✅ OUI | 0 € / 60-150 € |
| "Pour le compte de qui il appartiendra" | Couvre tous les locataires, même s'ils n'ont pas d'assurance villégiature | ✅ Recommandée | 50-100 € |
| Perte d'exploitation | Perte de revenus suite à un sinistre | ⚠️ Selon besoins | 120-250 € |
| Extension équipements | Piscine, spa, vélos... | ⚠️ Selon besoins | 100-250 € |
| Mobilier / contenu | Meubles & matériel | ✅ Recommandée | 60-150 € |
7.4. Budget à prévoir en fonction du niveau de risque
Il est vivement conseillé de demander 2 à 3 devis de différentes compagnies avant de choisir une assurance et de bien les comparer en fonction des options réellement utiles dans votre cas (locataires, équipements, pertes d’exploitation). Enfin, pensez à les vérifier et à les renégocier tous les 2 ou 3 ans.
A titre indicatif, voici une synthèse du budget à prévoir en fonction du type de gîte à assurer :
| Taille du gîte | Budget total annuel | Niveau de risque |
| Petit (40-60 m2) | 250-480 € | Faible à moyen |
| Moyen (60-120m2) | 350-700 € | Moyen |
| Grand (120-250 m2) | 600-1200€ | Élevé (responsabilité + équipements + valeur) |
8. Outils pratiques pour les membres LVP-DIRECT

8.1. Check-list : 15 points à vérifier avant de signer son assurance gîte
- Location saisonnière explicitement couverte
- Bien couvert même inoccupé (PNO)
- RC propriétaire incluse
- Option « pour le compte de qui il appartiendra » incluse
- Assurance villégiature des vacanciers incluse
- Perte d’exploitation incluse
- Piscine couverte selon les normes
- Spa / jacuzzi couverts
- Vélos et équipements couverts
- Mobilier assuré à sa juste valeur (valeur à neuf ou d’usage ?)
- Vol / vandalisme inclus
- Quelles sont les franchises pour la location ?
- Locataires négligents couverts ?
- Dommages causés aux voisins couverts
- Obligations d’entretien précisées
8.2. Modèle de demande de devis
Voici un exemple de message que vous pouvez envoyer à différentes compagnies d’assurances via le formulaire de contact de leur site internet. Cela vous permettra de faire rapidement une première sélection :
Conclusion
Assurer un gîte ne consiste pas simplement à adapter une assurance habitation existante : c’est une démarche essentielle pour protéger son patrimoine, ses revenus et la tranquillité de son activité. Entre les allers et venues des locataires, les périodes d’inoccupation, les risques liés aux équipements de loisirs et la responsabilité du propriétaire, un meublé de tourisme nécessite une couverture réellement pensée pour la location saisonnière.
Pour permettre d’exercer sereinement cette activité de loueur de meublé de tourisme, une bonne assurance doit contenir les critères incontournables et prioritaires suivants : Une PNO adaptée, une responsabilité civile renforcée, la prise en compte du défilé des locataires, la possible perte d’exploitation en cas de sinistre ainsi que la protection des équipements.
Chaque gîte est unique par sa localisation, ses équipements, son niveau de confort, son type de clientèle, ce qui rend d’autant plus important la comparaison entre plusieurs devis et les bonnes questions à poser à son assureur !
Malheureusement, c’est souvent au moment d’un sinistre, lorsque l’on souhaite faire appel à son assurance, que l’on découvre que les garanties souscrites n’étaient pas adaptées ou qu’un point essentiel avait été négligé.
LVP-DIRECT souhaite attirer votre attention sur l’importance d’anticiper ces questions importantes, afin de sécuriser votre activité et d’éviter les mauvaises surprises.
👉 Bien assuré, un gîte devient une activité beaucoup plus sereine : on ne dépend plus du hasard, on sait que même en cas d’imprévu, son patrimoine et ses revenus sont protégés.
N’hésitez pas à réagir dans les commentaires en bas de ce dossier… 👇👇👇
Bonnes locations !
Benoit / Dominique,
au nom de l’équipe d’administration de LVP-DIRECT.


Bravo!
Un dossier complet et clair.
Merci à vous.
Hélène