L’usurpation d’annonces de locations de vacances existe malheureusement. Voyons comment vérifier si votre annonce a été reprise sans autorisation et quels réflexes adopter si jamais c’était le cas.
Plusieurs propriétaires nous ont récemment avertis au sujet d’annonces de locations de vacances qui semblaient avoir été reprises sans autorisation sur un site tiers : luxora-casa.
À la suite de ces alertes, LVP-DIRECT a conseillé aux propriétaires concernés de conserver les preuves, de demander rapidement le retrait de la publication non autorisée auprès du site concerné, puis d’effectuer les signalements nécessaires aux autorités. Peu après, nous avons constaté que luxora-casa.com était passé en mode maintenance, puis suspendu. Nous ne pouvons pas établir formellement le lien entre ces démarches et cette mise en maintenance, mais cet épisode illustre l’importance d’agir vite lorsqu’une annonce semble avoir été reprise sans autorisation.
Ce cas rappelle un risque bien réel pour tous les propriétaires : les photos, textes, descriptifs, noms de locations et informations pratiques visibles sur Internet, sur n’importe quel site, peuvent être copiés, repris et réutilisés ailleurs sans autorisation. Lorsqu’une annonce est ainsi recréée sur un autre site sans l’accord du propriétaire légitime, avec d’autres coordonnées ou un autre interlocuteur, il s’agit d’une tentative d’usurpation d’annonce destinée à tromper les vacanciers et à les orienter vers un faux propriétaire.
L’objectif de ce dossier est simple : vous aider à vérifier si votre annonce, vos photos ou votre descriptif sont utilisés ailleurs sans votre accord, et rappeler les bons réflexes si vous découvrez une annonce usurpée.
Sommaire
- Ce qu’il faut retenir
- Pourquoi vérifier régulièrement si votre annonce est reprise ailleurs ?
- La méthode la plus simple : rechercher vos photos avec Google Lens
- Complétez avec une recherche du texte de votre annonce
- Que faire si vous découvrez votre annonce sur un site inconnu ?
- Comment limiter le risque d’usurpation ?
- Vacanciers : pourquoi ces vérifications vous concernent aussi
- Notre recommandation
Ce qu’il faut retenir
➜ Dès qu’une annonce de location de vacances est publiée sur Internet, son contenu devient accessible publiquement. Photos, textes et informations pratiques peuvent malheureusement être copiés, réutilisés ailleurs ou servir à créer une annonce usurpée, à l’insu du véritable propriétaire.
➜ Le bon réflexe consiste donc à vérifier régulièrement si vos photos ou votre descriptif apparaissent ailleurs, notamment grâce à Google Lens et à des recherches Google ciblées.
➜ Si vous découvrez que votre annonce a été reprise sans autorisation, conservez d’abord les preuves, demandez le retrait de la publication concernée, puis effectuez les signalements nécessaires si la situation le justifie.
Pourquoi vérifier régulièrement si votre annonce est reprise ailleurs ?
Lorsqu’un propriétaire publie son bien sur Internet, il rend nécessairement visibles certaines informations : photos, descriptif, localisation, capacité d’accueil, équipements, tarifs indicatifs, nom de la location, parfois même son nom et ses coordonnées.
Ces informations sont nécessaires pour permettre aux vacanciers de comprendre, comparer et réserver une location en direct, mais elles peuvent aussi être copiées par des personnes mal intentionnées pour créer une fausse annonce ou une annonce trompeuse sur un autre site.
Le risque ne concerne donc pas une plateforme en particulier. Il peut toucher une annonce publiée sur un site personnel, sur LVP-DIRECT, sur une grande plateforme de réservation, sur un portail touristique ou sur un ancien site où l’annonce serait encore visible.
La bonne pratique consiste donc à effectuer de temps en temps une vérification simple, en particulier avant les périodes de forte demande : vacances d’été, ponts, fêtes de fin d’année ou événements locaux.
La méthode la plus simple : rechercher vos photos avec Google Lens
Le moyen le plus efficace pour repérer une annonce copiée est souvent de partir de vos photos. Une fausse annonce peut modifier le texte, le nom du propriétaire ou les tarifs, mais elle reprend fréquemment les mêmes images, car ce sont elles qui donnent de la crédibilité au logement.
Google Lens permet justement de rechercher sur Internet les pages où une image identique ou très proche apparaît.
1. Ouvrez votre annonce officielle
Commencez par ouvrir l’une de vos annonces officielles : votre annonce LVP-DIRECT, votre site personnel, votre annonce sur une autre plateforme ou votre fiche la plus complète.
Choisissez ensuite une photo caractéristique de votre logement : façade, piscine, terrasse, vue, salon, chambre principale, cuisine, jardin ou tout élément facilement reconnaissable.
2. Lancez une recherche avec Google Lens
Depuis un ordinateur, vous pouvez généralement faire un clic droit sur la photo et choisir une option du type “Rechercher l’image avec Google” ou “Rechercher avec Google Lens” :

Depuis un téléphone, vous pouvez aussi utiliser l’application Google, l’application Google Photos ou Google Lens pour lancer une recherche à partir d’une image enregistrée dans votre galerie.
➜ L’idée est de demander à Google de retrouver les pages Internet où cette même photo, ou une photo très ressemblante apparaît. Cela permet d’identifier les sites ou annonces où votre photo est éventuellement utilisée sans votre autorisation.
3. Analysez les résultats avec prudence
Si votre photo apparaît sur vos propres supports, c’est normal : votre site personnel, LVP-DIRECT, une plateforme sur laquelle vous avez vous-même publié votre annonce, un office de tourisme ou un partenaire que vous avez autorisé.
En revanche, certains résultats doivent attirer votre attention :
➜ un site que vous ne connaissez pas ;
➜ une annonce que vous n’avez jamais créée ;
➜ un autre nom de propriétaire ;
➜ des coordonnées différentes des vôtres ;
➜ un tarif incohérent ;
➜ des conditions de paiement inhabituelles ;
➜ une page qui reprend vos photos mais avec un descriptif modifié.
Un résultat suspect ne prouve pas immédiatement une escroquerie. Certains sites, notamment les grandes plateformes de réservation (OTA), peuvent avoir des accords de diffusion avec des partenaires ou des sites tiers. En revanche, si l’annonce affiche un autre propriétaire, d’autres coordonnées, des tarifs incohérents ou des conditions de paiement inhabituelles, une vérification attentive s’impose.
4. Répétez la recherche avec plusieurs photos
Ne vous limitez pas à une seule image. Certaines photos peuvent être reprises, d’autres non.
Il est utile de tester plusieurs visuels : la photo principale, une photo extérieure, une photo de la pièce de vie, une photo de chambre et une photo très spécifique de votre bien.
Plus une photo est identifiable, plus elle peut aider à repérer une reprise non autorisée.
Complétez avec une recherche du texte de votre annonce
La recherche d’image est souvent la plus efficace, mais elle peut être complétée par une recherche de texte.
Copiez une phrase précise de votre descriptif principal, de préférence assez longue et caractéristique de votre annonce officielle, puis recherchez-la dans Google entre guillemets.
Par exemple :
“notre gîte La Maison des Pins accueille 6 personnes avec jardin clos, terrasse plein sud et accès à pied à la plage”
Comme pour la recherche à partir de vos photos, cette recherche par le texte permet d’identifier les sites ou les annonces où une partie de votre descriptif est publiée.
Si cette phrase apparaît sur un site que vous ne connaissez pas, il faut vérifier si la page correspond bien à une publication autorisée.
Vous pouvez aussi rechercher :
➜ le nom exact de votre location ;
➜ le nom de votre location associé au nom de votre commune ;
➜ votre prénom ou votre nom associé à la commune ;
➜ une phrase caractéristique de votre annonce ;
➜ le nom de votre maison ou de votre villa avec le mot “réservation”.
C’est aussi pour cette raison qu’un nom de location identifiable et cohérent sur Internet peut être utile. Il permet aux vacanciers de retrouver plus facilement l’annonce officielle, mais il permet aussi au propriétaire de surveiller plus facilement la présence de son bien en ligne.
Que faire si vous découvrez votre annonce sur un site inconnu ?
Si vous trouvez une annonce reprenant votre bien sans votre autorisation, il est important de ne pas agir dans la précipitation. Avant de demander la suppression, commencez par conserver les preuves. Elles pourront être utiles si vous devez ensuite déposer plainte, effectuer un signalement ou engager la responsabilité du site sur lequel l’annonce a été publiée sans votre consentement.
1. Conservez les preuves avant toute demande de suppression
Si possible, capturez l’URL complète du site visible à l’écran, le titre de la page, les photos reprises, le nom du propriétaire affiché, les coordonnées, les tarifs, les conditions de réservation et les éventuelles informations de paiement.
Notez également la date et l’heure du constat.
Si vous avez trouvé la page grâce à Google Lens, conservez aussi une capture du résultat de recherche montrant le lien entre votre photo et la page suspecte.
Ces éléments peuvent être utiles si la page disparaît ensuite, si le site passe en maintenance, ou si vous devez effectuer un signalement aux autorités.
2. Contactez le site pour demander le retrait de l’annonce
Après avoir conservé les preuves, contactez le site concerné en indiquant clairement que vous êtes le propriétaire légitime du bien, que vous n’avez jamais autorisé la publication de cette annonce, et que vous en demandez le retrait immédiat.
Conservez une copie de votre message, la date d’envoi, l’adresse utilisée pour contacter le site, ainsi que toute réponse éventuelle.
Cette démarche permet de créer une trace écrite : à partir du moment où le site est informé qu’une annonce est publiée sans l’autorisation du propriétaire légitime, il ne peut plus ignorer la situation. S’il ne réagit pas ou refuse de retirer l’annonce malgré les éléments transmis, sa responsabilité pourrait alors être engagée.
3. Effectuez un signalement ou déposez plainte si nécessaire
L’usurpation d’une annonce peut porter atteinte à votre identité, à votre bien et aux vacanciers susceptibles d’être trompés. Il est donc important de ne pas laisser cette annonce en ligne sans agir, surtout si elle utilise vos photos, votre descriptif ou le nom de votre location sans votre accord.
➜ Si l’annonce usurpée reste en ligne, si le site ne répond pas ou si des vacanciers risquent d’être trompés, il est fortement recommandé d’effectuer un signalement, voire de déposer plainte auprès de la gendarmerie ou de la police.
Pour les escroqueries en ligne, PHAROS / internet-signalement.gouv.fr peut notamment orienter vers THESEE, la plateforme officielle de traitement harmonisé des enquêtes et signalements d’e-escroqueries.
Les propriétaires directement concernés restent les mieux placés pour effectuer ces démarches, car ils peuvent attester que leur annonce, leurs photos ou leurs informations ont été publiées sans leur autorisation.
Lorsque cela est possible, vous pouvez également signaler le site à son hébergeur ou au registrar du nom de domaine. Ces démarches peuvent être utiles, surtout si plusieurs propriétaires concernés effectuent des signalements concordants. Elles peuvent inciter les intermédiaires techniques à examiner la situation et, le cas échéant, à prendre les mesures nécessaires pour éviter de laisser en ligne des contenus manifestement illicites.
4. Prévenez les sites où votre annonce officielle est publiée
Si votre annonce officielle est publiée sur LVP-DIRECT, vous pouvez également nous prévenir. Cela nous permet de suivre les alertes, de vérifier si d’autres propriétaires sont concernés et, si nécessaire, d’informer rapidement la communauté. Selon le contexte et le niveau de risque identifié, LVP-DIRECT peut également publier une alerte sur notre site afin d’informer les propriétaires et les vacanciers sur les dangers du site concerné.
Par le passé, notre association a déjà pu contribuer à faire cesser la diffusion d’un site problématique grâce à plusieurs alertes relayées dans les médias nationaux. Cela montre l’intérêt d’un réseau de propriétaires capable de faire remonter rapidement les situations suspectes et de donner de la visibilité à un problème lorsqu’il concerne plusieurs annonces.
Comment limiter le risque d’usurpation ?
Il est malheureusement impossible de supprimer totalement le risque de copie dès lors qu’une annonce est visible publiquement sur internet. En revanche, certains réflexes peuvent faciliter les vérifications et limiter les conséquences :
➜ utilisez un nom de location identifiable et cohérent sur vos différents supports ;
➜ conservez vos photos originales et vos descriptifs dans un dossier daté ;
➜ gardez une trace des sites sur lesquels vous avez réellement publié votre annonce ;
➜ vérifiez régulièrement vos photos principales avec Google Lens ;
➜ recherchez de temps en temps une phrase exacte de votre descriptif ;
➜ soyez prudent avant d’afficher trop largement certaines coordonnées personnelles ;
➜ invitez les vacanciers à vérifier qu’ils échangent bien avec le propriétaire officiel.
Certains propriétaires choisissent aussi d’ajouter un marquage discret sur certaines photos. Cela peut aider à identifier l’origine d’un visuel, mais il faut rester mesuré : une photo trop marquée peut nuire à la qualité de présentation de l’annonce. De plus, certains sites, en particulier les grandes plateformes de réservation, peuvent refuser ou limiter la diffusion de photos comportant un logo, un filigrane, du texte ou des coordonnées visibles.
Vacanciers : pourquoi ces vérifications vous concernent aussi
Les vacanciers peuvent eux aussi effectuer quelques vérifications simples avant de réserver une location sur un site qu’ils ne connaissent pas.
Avant tout paiement, il est recommandé de rechercher via internet le nom de la location, une phrase exacte de l’annonce ou certaines photos du logement. Si la même maison apparaît sur plusieurs sites avec des noms de propriétaires différents, des tarifs très différents ou des conditions de paiement incohérentes, il faut redoubler de prudence.
En cas de doute, essayez de contacter le propriétaire depuis plusieurs supports différents : son éventuel site personnel, une autre annonce publiée sur un site connu, ou son annonce LVP-DIRECT si elle existe. Si les réponses, les coordonnées ou l’identité du propriétaire ne correspondent pas, il est préférable de ne pas poursuivre la réservation sans vérification complémentaire.
Méfiez-vous particulièrement des demandes de paiement rapide, surtout lorsqu’elles passent par WhatsApp, SMS, une messagerie instantanée ou un lien de paiement imposé. Soyez également vigilant face aux acomptes urgents, aux tarifs anormalement attractifs ou aux interlocuteurs qui refusent tout échange téléphonique.
Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter notre dossier pratique : comment réserver une location de vacances en direct en toute sécurité.
Notre recommandation
Nous invitons les propriétaires de gîtes, villas, chambres d’hôtes, meublés de tourisme et locations saisonnières à vérifier régulièrement si leurs annonces ne sont pas reprises sans leur autorisation.
Aujourd’hui, la recherche Google Lens à partir des photos de votre annonce officielle est l’une des méthodes les plus simples et les plus rapides pour repérer une éventuelle usurpation.
L’exemple récent du site “luxora-casa”, signalé par plusieurs propriétaires (avant que celui-ci ne soit d’abord placé en maintenance puis suspendu), montre l’importance de cette vigilance. Nous ne pouvons pas établir formellement le lien entre ces alertes et l’évolution du site, mais cet épisode illustre le besoin de surveiller régulièrement l’utilisation de ses contenus en ligne et d’informer rapidement la communauté : d’autres propriétaires peuvent être concernés.
✅ À retenir : Si vous découvrez une annonce non autorisée, conservez les preuves, demandez le retrait, puis effectuez les signalements nécessaires si la situation le justifie.
Bonnes locations !
L’équipe d’administration de LVP-DIRECT.

